jeudi 11 février 2016

un nouveau gouvernement pour ne rien changer ?

Le président Hollande va donc s'exprimer ce soir.
Peut-être parlera-t-il un peu du chômage ?
Ou un peu du terrorisme et de la Constitution ?
Juste un peu alors...
Ou bien ... 
Il s'exprimera à propos d'un nouveau gouvernement qui sera formé ou qu'il s'apprête à former dont la ligne politique ne changera pas. 
Il devra composer avec les incontournables et mesurer l'étroitesse de sa marge de manœuvre. 
Petit jeu politique qui a peu à voir avec la démocratie mais où le président peut tenter d'appâter les uns, flatter les orgueils des autres...
Il retrouvera la chaude ambiance du temps où il était secrétaire général rue de Solférino...
Intrigues et bricolages...

Ce soir, le président ne dira pas qu'il lui est quasiment impossible de se débarrasser de Valls. 
On sent bien l'adjoint dans la détestation intime de son patron, impatient de postuler à la fonction suprême...mais....

Ce premier ministre a su entrer tel Fillon hier avec Sarkozy dans le rôle de l'éminence plus noire que grise. Crispé sur ses ergots, sans charisme, habité d'un mépris visible pour la plupart de ses ministres incapables : le Canard de cette semaine rapporte comment il bavarde en conseil des ministres quand le désinvolte Macron s'exprime ou comment en petit macho il reprend et humilie publiquement la ministre de l'Education devant les présidents de région réunis...

Ce personnage a décidé que moderniser la gauche c'était en faire une force de droite.

Le dialogue social est quasiment absent de ce pays. 
Le lien avec les classes populaires est rompu et les classes moyennes ne supportent plus de payer sans cesse quand les riches s'engraissent. 

Le chômage est traité avec des rustines, sans imagination car il ne faut pas toucher à la logique mortifère de la doxa économique fondée sur les deux idioties que sont la croissance (attendue toujours) et la compétition (machine à exclure).

Oui, Valls est le problème de ce gouvernement et un peu aussi le problème de ce pays. Hollande en a parfaitement conscience mais le lâcher à l'extérieur serait prendre le risque d'une crise.

Difficile de séparer du cumulard Le Drian ... terrorisme oblige : et pourtant quelle curieuse conception de penser que tel ou tel serait à ce point irremplaçable !
Le ministre de l'Intérieur restera au chaud dans son petit manteau serré. Il adore ce rôle. Il n'ose pas encore penser à d'autres destins. Il se la joue austère à merveille...
Taubira est en vacances, Fabius en maison de retraite dorée (bizarre, on lui conserve un poste à la Cop 21... compatible avec le Conseil Constitutionnel ? C'est Jospin qui va être ravi...)...
La ministre du chômage que l'on pensait fraîche et naïve, ne maîtrisant guère ses dossiers, restera-t-elle ? 
Macron qui a su se rendre insupportable, joue les provocateurs désinvoltes, mâche son chewing-gum... terriblement bourgeois-narquois, il a aimé se frotter aux gens du peuple - tellement exotique ! - ... il ferait bien d'aller un jour se confronter aux électeurs... beau parleur, semblant lui aussi en haute estime de lui même...

Ségolène voudrait bien le quai d'Orsay... mais est-elle Hillary ? 
Najat Vallaud-Belkacem a pensé que pour être une bonne ministre de l'Education il fallait être scolaire. Rendons lui grâce : elle a hérité du ministère le plus difficile et ce d'autant plus qu'Hamon avec son décret pathétique sur les rythmes scolaires fut obligé de défaire le peu qu'avait initié Peillon.
L'Education aurait pu être un bon levier pour ce gouvernement. Mais chacune des réformes légitimes et chacun des projets pourtant souvent pertinents, se sont trouvés laminés par des démarches hasardeuses, bricolées, contre-productives... Les profs n'en peuvent plus. L'éducation prioritaire a été saccagée. La Seine-Saint-Denis n'a reçu que des miettes alors que des dizaines de classes n'ont pas de remplaçant chaque jour. 
Education et jeunesse auront été les pires échecs de ce gouvernement encore une fois incapable d'imagination et de dialogue...
Cette fragilisation coupable de l'Education nationale est de très mauvais augure : la droite revenue au pouvoir risque de trouver là des prétextes pour ajouter du pire au pire augurant l'accélération de la fin de l'école publique.

Que deviendront les autres ministres ? 
Le grand Le Foll c'est un peu le protecteur de la cour de récré. On peut pas le larguer. Cogneur, hâbleur, brouillon, sympa...Mais il ne supporte plus les paysans...
On pourrait lui confier la Culture et refiler l'agriculture à Fleur l'énarque Pellerin (laquelle osait se réjouir sur son compte twitter du tournage d'une série TV en France... on voit l'ambition culturelle du personnage)...
Marisol en a marre des toubibs.
Elle aurait aimé la défense... mais est-il raisonnable de lui confier un flingue ?
Bref, on peut faire le tour... il y aura les quidams de second rôle qui n'ont pas réussi à se faire connaître... 
Triste équipe, championne de dégustation de couleuvres, avec parfois de sympathiques personnes, si, si... mais tous si peu représentatifs de la vie vraie... si engoncés et bordés par le patron et son adjoint.
Gouvernement verrouillé, juste médiatique...

Ah oui, on parle du retour du prof d'allemand qui causant bien la langue (ce qui est mieux pour un prof d'allemand) pourrait dialoguer sans sous-titres avec la séduisante et indéboulonnable Angela.
Seul problème, pourra-t-il supporter de devenir l'adjoint du caporal chef ?

Evidemment Hollande pourrait appeler un parfait inconnu comme Giscard appelant Barre avec les dégâts dont on se souvient...
Ou jouer la carte Bayrou qui céderait....
Sinon, il reste Bernard Tapie.
Ou Michel Drucker dont on annonçait le départ de France 2...

Bref.
Rien de réjouissant dans cette dernière ligne droite.
La candidature solitaire de Mélenchon est venue hier soir confirmer la défaite de la gauche.
Il va falloir voter Juppé pour éviter le pire et se coltiner cinq ans d'une équipe de gestionnaires...

A moins que... à moins que ...






mercredi 10 février 2016

Un parfum de décomposition

C'est une ambiance délétère, un parfum de troisième République... ou plutôt une sorte d'effondrement interne...
Regardez ça !

Une histoire de réforme de la Constitution où l'on veut donner du symbole unificateur de la République mais en réalité, croyant devoir céder à la pression de l'opinion, on renonce aux valeurs... 
Stratagème présidentiel visant à semer le trouble en reprenant une antienne du pire ? 

A droite, à gauche... ça tergiverse, ça pose ses conditions, ça claque la porte mais en se jurant fidèle au fauteur de trouble, ça prétend renforcer les institutions mais s'esquive à la buvette au moment de voter !
Quel puant spectacle !

Et le premier ministre de plus en plus hautain continue de mener l'inutile combat de Don Quichotte parce qu'un jour le Président a promis n'importe quoi à la tribune pour flatter l'émotion populiste...

A force d'être bricolée, maquillée, replâtrée, la cinquième Constitution montre bien qu'elle n'est qu'une vieille tentant des liftings ... mais il est temps de céder la place !
Car c'est bien de cela qu'il s'agit !

Le ridicule des hommes politiques, des professionnels de la politique, c'est de les voir s'agiter et pérorer loin du peuple, de les voir incapables de mouiller un rien la chemise, de se bouger pour le pays et de s'engager pour changer les choses !
Car il faut aller sur le terrain social !
Les députés doivent aller au contact des gens, ouvrir le dialogue dans leur circonscription, créer et tisser du lien et partout où cela est possible donner du pouvoir aux gens...

Le principe d'un homme politique devrait être non de s'accaparer le pouvoir, mais de le partager, le distribuer, permettre à chaque citoyen d'exercer son libre arbitre en défendant la double nécessité du respect absolu de la dignité individuelle (ma liberté) et de l'indispensable attention à porter les uns aux autres en veillant à nous protéger mutuellement (la Solidarité).

Parce que protéger l'autre, l'aider à être bien, c'est aussi se protéger soi. 
La Solidarité est une urgence qui refuse l'imbécile compétition et le profit immédiat en préférant placer l'Homme au cœur.

Exclure l'autre, le taxer d'indignité, c'est bien joli, mais ce n'est qu'un aveu de faiblesse, c'est quand il est déjà trop tard.

Le terrorisme qui nous mord au visage et tue nos proches est une horreur dont nous portons quoiqu'il nous en coûte de l'admettre, une part de responsabilité : nos régimes politiques ont laissé manger dans notre main des mouvements de fous dans le seul espoir de favoriser des ambitions politico-économiques. Nous avons joué avec le feu et à chaque fois nous en avons pris plein la gueule.
Nous n'avons pas voulu aider les peuples frères, ils ont trouvé (maigre) consolation dans des bras abjects.

Et nous nous laisserions contaminer par ces esprits mortifères ?

Qu'il est ridicule de vouloir s'accrocher à son strapontin quand tout bascule. Qu'il est crétin de tenter de sauver les meubles lorsque le drame frappe à la porte !

La bêtise ajoutée à la bêtise ne verra-t-elle comme sauvegardes possibles que le conservatisme policé de Monsieur Juppé ou préférera-t-elle fanfaronner (un temps) et nous jeter dans les bras de la famille Le Pen ? 

Les intellectuels, au lieu de pleurnicher en prenant le thé, oui nos amis intellectuels qui minaudent dans les médias, vont-ils se souvenir que la chance qu'ils ont de "savoir un peu" gagnerait aussi à se mieux partager au contact de ceux qui souffrent ? 

La jeunesse, au lieu de se regarder le nombril et de se persuader que le fast-food est le haut lieu de la gastronomie, saura-t-elle retrouver les poètes, osera-t-elle se redonner la chance de rêver et créer en se dépassant un peu, en surmontant ses craintes ? Comprendra-t-elle que c'est en donnant qu'on reçoit ?

Il y a le spectacle désolant de cette assemblée qui n'est plus qu'une parodie d'elle même : élus pour être élus. Bavards impénitents.
Il y a partout mille initiatives inventives, coopératives, solidaires, écologiques, fraternelles, gratuites et généreuses qui commencent à nous sortir de la logique de la compétition économique et visent dans le même temps à renouer le lien humain. 
Ces initiatives restent encore dans des bulles. Richesse d'un réseau horizontal qui ne perçoit pas bien encore la puissance subversive dont il dispose, puissance qui pourrait être le ferment d'une révolution pacifique et généreuse.

Il faudrait si peu de choses !

Mais chacun s'accroche à ce qu'il possède croyant que c'est là sa survie alors que ce n'est que son enfer de petit propriétaire !

Oui plus que jamais, c'est des prises de conscience individuelles que naîtra notre capacité à affirmer mais surtout à VIVRE nos valeurs.

samedi 16 janvier 2016

changer les règles du jeu...

L'élection présidentielle est donc dans toutes les pensées... de ceux qui rêvent de ce titre glorieux... devenir Président de la République ...
Pour faire quoi au juste ?
Paraître à la télévision en prenant l'air affligé et dire que c'est bien triste, qu'on fera tout pour sauver le pays, que ça va déjà mieux et que sinon ça serait pire...
Décider, choisir ?... tenter de courir après l'opinion, manger ses convictions, renoncer à ses valeurs, céder au pouvoir économique ou lui dérouler le tapis rouge...mentir un peu, beaucoup, insidieusement...
Système hautement périmé, confisqué par les partis et les élites autoproclamées...

Peu de monde semble enclin à dire que le mode de gouvernement de notre cinquième république agonisante est inadapté.
Un président élu pour cinq ans mais qui n'a aucun compte à rendre de son mandat désigne un gouvernement qu'il choisit comme il veut et peu importe la légitimité de tel ou tel tant du point de vue de ses compétences supposées à prendre en charge un projet, diriger une administration que de sa légitimité démocratique...

Et pourquoi les ministres ne seraient pas élus ?
Et pourquoi un élu ne le serait pas sur un mandat précis et donc révocable s'il ne mettait pas en oeuvre ce pourquoi on l'aurait désigné ?

Nous n'avons pas élu Hollande et son gouvernement pour appliquer une politique de droite.
Notre punition sera double.
Non seulement nous devrons attendre les échéances électorales classiques mais en plus nous verrons l'arrivée de la droite !
Au bal des menteurs, les suivants accuseront les premiers qui auront beau jeu de jouer les saintes nitouches et laisser croire qu'en vrai, eux sont bien plus gentils !

Système pourri d'une alternance verrouillée d'avance et  la menace de voir arriver les sbires du Front National ne rassurera pas au contraire !

Mais, gentil électeur, râleur du dimanche... sais-tu que tu peux orienter autrement ton bulletin de vote ? As-tu donc si peur de la créativité révolutionnaire ?
On peut être révolutionnaire et refuser la violence.
On peut souligner que le système économique actuel est d'une grande violence pour les faibles.
Il n'est pas inamovible et ne constitue pas la seule voie.

Les riches s'enrichissent.
Ils ne le font pas sans nuire !
Bien sûr, ils seront très tristes si on les prive de poursuivre...

Le pouvoir économique, politique et pour grande part médiatique se tiennent la main. L'aristocratie s'est reconstruite aujourd'hui et comme hier nous empêchait de mettre en cause la monarchie de droit divin, fait tout pour nous empêcher de mettre en cause la doxa économique libérale !
C'est la même chanson, interprétée autrement avec des chiffres et de bonnes formules ... mais dont le refrain n'a pour but que de maintenir les choses en l'état et de réduire le citoyen à la posture de consommateur prompt à s'endetter et payer pour les nantis !

Rien que de très banal !
Rien de plus facile quand la peur du terrorisme ou du chômage tiennent chacun dans sa maison !

vendredi 15 janvier 2016

Non mais allô quoi ?

L'actualité récente nous montre la promptitude actuelle sous prétexte d'empathie à venir commémorer, pleurer, se réunir, se congratuler, faire montre de "bons sentiments" , se tenir la main et d'un ton entendu conspuer les méchants qui en veulent à notre Monde hautement civilisé...

Entendons-nous bien, ils existent les méchants, les vilains terroristes.

Mais si l'on étudiait un peu "à qui le crime profite", nous verrions que d'une part il alimente les extrêmes et notamment de droite, prêts à mettre tous les étrangers dans le même sac, il favorise ce crime, les postures de rejet, la haine, l'escalade de la violence ... en cela chacun se nourrit de la haine de l'autre et le scandale est un prétexte facile...

Mais le crime et l'horreur terroriste servent aussi il faut bien le constater , un gouvernement qui bien embarrassé par son incompétence économique (en réalité son refus de changer les choses), trouve là l'occasion tristement confortable d'orienter la focale sur la peur, quitte à vendre un peu des libertés individuelles ou fabriquer de l'injustice en considérant les fautes commises par des individus non à la seule aune des personnes et de la responsabilité individuelle, mais selon l'origine supposée...
Oui, pour la première fois le président de la République himself s'est inspiré d'une proposition de l'extrême droite !

Belles compromissions pour masquer le refus de se coltiner au fond aux vrais problèmes de ce pays.

On commémore à tour de bras, n'hésitant pas par le choix de certains symboles à insulter ceux qui sont morts en décorant  à titre posthume des personnes qui auraient bien ri du ruban, ou pire encore à venir faire chanter une starlette médiocre ou un chanteur de rock finissant pour faire "populaire"... Règne de la gluante "gnangnantise"...

Mais agir sur les causes du terrorisme....

Imaginer une autre politique, accompagner les pays qui cherchent une autre voie, oser donner la parole aux peuples, questionner nos accommodements avec les riches émirats... non surtout pas ...

La peur est un maître exigeant.
Elle permet de museler toute velléité d'expression de la colère sociale.
L'ouvrier et l'employé resteront chez eux et par peur du chômage ne manifesteront leur dépit que tapis dans l'isoloir, s'ils y vont, en direction d'un parti qui pourtant ne fait commerce que de rancœur...

Jusqu'où ?
Jusqu'où Hollande et ce qu'il lui reste d'amis continueront-ils de trahir notre bulletin de vote ?

Jusqu'où ou jusqu'à quand les français dormiront-ils devant leur télévision, rendus incapables de se bouger et de manifester autrement que pour pleurer, disons même pleurnicher au lieu de se réveiller et de se dire qu'il faudrait si peu de choses pour secouer un peu le cocotier et changer la Société ?

Car si la peur aujourd'hui paralyse tout, si l'angoisse du chômage nous retient dans l'ombre, en réalité, d'autres continuent de s'enrichir et grassement, sur notre dos...  il ne serait pas impossible de récupérer l'argent volé ne serait-ce que par la fraude fiscale des nantis !

Il faut cesser de croire que chacun d'entre nous peut gagner au loto. Le loto c'est des millions de perdants pour un seul gagnant.
Et ce gagnant n'a aucune légitimité particulière...

Non, mais, dormir tranquillement devant sa télévision est certainement plus confortable et rassurant.
La peur encore une fois  légifère, tient et retient la main du peuple.

Mais il suffirait de si peu de choses...

Peut-être un jour des colères idiotes et dangereuses prendront-elles le dessus.
A jouer avec le feu le gouvernement Hollande/Valls pourra se dire qu'il ne l'aura pas volé... mais peu importe...

Lorsqu'on voit que des syndicalistes peuvent être condamnés à de la prison ferme pour défendre leur emploi, ce qui ne s'était jamais produit sous la cinquième république, alors que  leur patron est largement récompensé de beaux dividendes... on peut se dire que la France n'est plus gouvernée à gauche, pour ceux qui en doutaient...

Sachant cela, on peut préférer se voiler la face, rester chez soi, voter facho... ou oser imaginer d'autres possibles.
Relever la tête et avancer ! Adelante ! (comme ils disaient !)

vendredi 1 janvier 2016

"Je suis fier de vous ! "

De son intervention prononcée hier soir lors de son allocution du 31 décembre 201 par  le président de la République  une phrase ressort. A-t-elle été écrite sous le coup de l'emphase ou dans l'espoir de "faire le buzz"... ? 
Coup partiellement réussi puisque la formule était reprise par nombre de médias.

"Je suis fier de vous !"


Voilà donc une phrase censée conforter le président dans l'image d'un "chef de guerre", "père de la Nation".

Si le président avait dit, "je suis fier de la façon dont les citoyens de ce pays ont réagi" ou "nous pouvons être fiers de nous..." , la maladresse eut-été moindre.

Le "je suis fier de vous" est une manière royale et paternaliste de se positionner au dessus du peuple et de s'exprimer à la façon d'un grand-père face à ses petits enfants le jour des étrennes. 
Aurons-nous droits à quelques sous pour aller à la fête ?

"Je suis fier de vous", est-ce à dire que sa majesté l'est moins à d'autres moments ? 

Quelle conception passéiste de la démocratie !
Quel manque de respect des citoyens de la part d'un élu qui n'a pas à être fier de son peuple mais lui est redevable et doit le rester !

La suite de l'intervention où le combat contre le chômage fut rappelé dans une antienne ressassée ne nous rassura pas plus.
Puisque vous avez été sages, j'ai décidé dans mon bureau tout seul de quelques grands travaux en rapport avec la défense de l'environnement mais là je ne vous en dirai pas plus, ou de simplifier le code du travail - ha, bon ? cette nécessité vient donc de se faire jour ? et sans qu'il soit nécessaire de parler de dialogue social ? - ou de relancer le service civique qui ne marche pas -il n'est qu'un "emploi jeune" déguisé de plus qui n'attire guère les foules-"

Bref, rien de bien neuf et surtout malgré les affirmations, une incapacité de ce gouvernement à se réformer dans ses pratiques comme ses projets. 
Il est bien joli d'agiter les symboles. Ce qui compte, c'est aujourd'hui de changer de paradigme et surtout de démarche. Il faut associer les citoyens aux décisions. 
Cet engagement des citoyens doit passer par les valeurs et non par les symboles de ces valeurs.

Soyons honnêtes ! Si le président de la République reste enfermé dans ses dogmes et sa doxa économiques, il n'est pas le seul. 
Il est profondément attristant de le voir confirmer son virage à droite et d'observer comment il a cru devoir céder aux attentes de l'extrême droite (véritable aveu de faiblesse). 

Il est étonnant mais compréhensible au fond d'observer l'apathie des citoyens qui semblent à ce point désabusés qu'ils n'écoutent plus que d'une oreille distraite les vœux présidentiels.
Jusqu'à quand ?

jeudi 31 décembre 2015

mercredi 30 décembre 2015

que faire pour permettre "au peuple" de renouer avec "les élites" ?

Dans son numéro du 24 décembre, l'hebdomadaire Marianne rappelle que 70% des ouvriers ne sont pas allés voter aux dernières élections.
Le même numéro souligne la "rupture entre le peuple et les élites".

Nombre d'études dont celles de l'IPSOS (mars 2015) soulignent que "électeurs du FN  ont un niveau inférieur (30%) ou égal au bac (31%) , contre seulement 16% des titulaires d'un bac + 3 et que le FN réussit à capter 43% du vote des ouvriers, 35% de celui des employés et seulement 15% de celui des cadres".
Ces données doivent être rapportées aux taux d'abstention. 

Le FN ne sait pas réellement mieux "parler au peuple" qui s'abstient majoritairement de voter et lui même comme les autres partis, reste dirigé par des personnes issues des milieux favorisés  (cf. la fortune de la famille Le Pen, un vice président ancien élève de l'ENA et ancien haut-fonctionnaire, la présidente, sa nièce députée et un député avocats ou menant des études de droit... rien de "populaire" là-dedans...).

Parmi les élus ou les responsables des grands partis, on  trouve principalement des représentants des cadres supérieurs, des professions intellectuelles supérieures et des professions libérales mais quasiment pas de paysans et d'ouvriers et très peu de professions intermédiaires ou d'employés.



Le monde politique, de ses dirigeants,  est celui de la cooptation.
Le cumul des mandats, pratique difficile à faire bouger, tend à verrouiller le système.
L'école de son côté continue de favoriser la "reproduction des élites" (Bourdieu / Passeron)

Les intellectuels produisent des ouvrages lus par d'autres intellectuels ou paraissent à la télévision et y assènent leur discours "d'expert" du haut de leur chaire... 

Bien rares sont ceux qui s'engagent sur le terrain réel, vont éprouver ou nourrir leur discours au réel de "la vie des gens".

La condescendance est vite de mise vis à vis de ceux qui "mal instruits" ne "comprennent rien". 

Intellectuels et leaders des partis assènent leur vérité et la forme même de leur discours vient exclure ceux qu'ils prétendent souvent défendre.

Le part communiste d'antan (avec toutes les erreurs qui pouvaient être les siennes), savait relier l'intellectuel et l'ouvrier, le poète et le paysan.
Le livre s'il n'était pas présent partout, était respecté dans les milieux populaires. 
Arlette Laguiller, célèbre "retraitée" de Lutte Ouvrière vit entourée de livres. 
Ajoutons à la touche de nostalgie dont les limites seront vite perçues, un temps où des artistes comme Jean Ferrat , Brassens ou Brel savaient être "populaires" tout en proposant des contenus de qualité en s'adressant avec respect à l'intelligence de chacun.

Mais la définition même "du peuple" ou "des classes populaires"aujourd'hui n'est plus si simple. 
Les professions intermédiaires sont nombreuses. Elles ont le sentiment de "payer beaucoup" pour les faibles et proportionnellement plus que les classes très favorisées toujours plus favorisées. Les paysans et les ouvriers ne constituent plus "le gros des troupes".

La composition de la Société est mouvante. Là où hier on entrait dans un métier "pour la vie", un jeune travailleur changera de métier, de résidence... (de compagne ou de compagnon aussi) plusieurs fois dans son existence.
On sait aussi que non seulement l'ascenseur social fonctionne moins bien, mais que les enfants de classes favorisées accèdent ou craignent de ne pouvoir accéder qu'à des professions moins bien positionnées dans l'échelle sociale (essentiellement du point de vue de la rémunération...).

Le peuple est fait d'individus qui se voient d'abord comme tels avant de se percevoir représentants d'une catégorie sociale, des individus qui veulent voir leurs droits reconnus (souvent avant leurs devoirs) et dont le besoin de justice s'exprime plus dans la plainte, la revendication personnelle, un certain consumérisme... que dans le traitement équitable ou la solidarité envers les plus faibles... 
En même temps, ces individus, s'ils perçoivent un danger, le besoin de s'entraider ou de se souder face aux épreuves, sont capables d'empathie et de mobilisation... 

La question des élites interroge. Faire de longues études aujourd'hui tend à spécialiser à outrance. Les ponts n'existent pas toujours. Les bulles sont étanches. 
On ne lit plus beaucoup dans les catégories sociales dites aisées. Une doxa univoque règne en maître notamment sur la façon de gérer l'économie. Il est difficile à nombre d'élites de reconnaître qu'elles sont "au pouvoir" ou "bien placées" non principalement par le fruit de leurs efforts mais tout simplement grâce à leur position sociale. 
Difficile d'admettre que les efforts consentis par un fils de "bourgeois"(employer ce terme semblerait presque provocateur aujourd'hui) pour obtenir un diplôme d'une grande école ne relèvent en rien des sacrifices exigés de celui qui doit travailler en étudiant...

Les élites intellectuelles - si tant est qu'on puisse utiliser ce terme - tournent en vase clos tout comme les responsables des partis politiques qui centrent leur énergie sur leur carrière ou leur réélection plutôt que de s'interroger sur les besoins réels de la population et en particulier des plus fragiles...
Et puis, lorsqu'on détient un morceau de pouvoir, difficile d'accepter de s'en départir et de le partager tant que le système "semble tenir".

Mais que faire ? 
Attendre les foudres de la colère ? 
Risquer soit de tomber dans les bras d'un régime peu attaché aux valeurs démocratiques (dictature dure) soit glisser insidieusement dans la dictature molle (ce vers quoi nous allons semble-t-il... encore que le mou par démagogie et manque de courage pourra s'asservir au dur) ?

En arrière plan nous pressentons la nécessité d'une recomposition politique laquelle pour réussir doit s'inscrire dans une démarche éthique, empathique, mobilisatrice et responsable permettant d'associer vraiment les citoyens aux prises de décision. 

"Reprendre la main" disent les partisans de Nouvelle-Donne.  Leurs propositions sont riches, intéressantes... mais après avoir lu nombre de contributions, terriblement intellectuelles, à la manière du PSU d'antan...
Le "Front de Gauche" qui parle du peuple à chaque minute ne parvient pas à le mobiliser. Triste échec qui mériterait un peu d'analyse.
Le Parti Socialiste, pardon d'être aussi cruel, ressemble à un club de retraités de l'Education Nationale au service de leaders convenus dont le corps de pensée devient "flou" comme dirait Martine Aubry...

Il y a mille raisons de désespérer. Les choix du gouvernement actuel dont le pilotage erratique s'effectue comme au temps de Sarkozy, au gré des événements et des émotions,  montrent une incapacité à comprendre ce qui joue dans le pays, à imaginer une démarche associant la population au changement. 
A ce titre le décrochage du président Hollande d'avec la jeunesse est une catastrophe tout comme son incapacité à réformer l'enseignement...

Mais des raisons d'espérer aussi :
- des réseaux peuvent se constituer, s'activer, faire circuler l'information et mobiliser
- des prises de conscience dans les différentes instances montrent qu'ici et là on commence à comprendre l'urgence de changer....

Dans les faits, chaque responsable politique doit s'interroger sur sa capacité à relier plutôt que diviser, à faire confiance plutôt que se défier, à partager le pouvoir plutôt que le confisquer ...

Chacun doit s'interroger de savoir à qui il parle, aux journalistes ou aux citoyens ? à l'opinion ou aux personnes ? 
Chacun doit s'essayer "d'aller vers", de découvrir et vivre le réel et pas seulement lors de temps de rencontres soigneusement organisées.

Pour être très familier, il est temps de se bouger les fesses, de s'engager, d'oser innover, imaginer autre chose et d'en parler avec les gens
Il est temps d'agir pour renouer avec l'idée de progrès et non juste tenter de gagner quelques points dans les sondages ou la prochaine élection. 

Il est temps que nous  interrogions notre capacité à reconnaître l'autre dans une égale dignité.